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Le Centre d'Incendie et de Secours de BIGANOS

Exemple d’une gestion intégrée des eaux pluviales

eau de pluie

Préambule

Suite à un appel à concours, l’équipe portée par l’agence Karine MILLET architecte a été retenue pour travailler sur le projet de construction du nouveau Centre d’Incendie et de Secours de BIGANOS (Département de la Gironde).

OCE a été sollicité pour apporter son expertise sur les thématiques suivantes :

  • Gestion des eaux pluviales
  • Voirie et Réseaux Divers
Logos maître d'ouvrage, maître d'oeuvre et bureau OCE

Les particularités du site

Ce secteur, comme une grande partie du territoire sud gironde et landais, se développe sur des formations sédimentaires sableuses, avec une nappe présente à faible profondeur et une topographie relativement plane. Ce contexte géomorphologique combiné à des exigences réglementaires associées (notamment les prescriptions fixées par le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon qui a la compétence assainissement eaux pluviales sur les communes de l’intercommunalité), ont orienté l’aménagement vers une gestion intégrée, optimisée et durable des eaux pluviales.

photo de particularités du sol du site

Formation sédimentaire à dominante sableuse

Les réponses apportées pour répondre à ces enjeux

Les réponses apportées par OCE en concertation avec les équipes pour répondre à ces enjeux, sont :
 
  • Seuil du bâti rehaussé par rapport au niveau du terrain actuel afin d’éviter le risque d’inondation du bâtiment sur ce site contraint (rehaussement compris entre 0 et 60 cm) ; ce rehaussement a également permis un raccordement gravitaire des eaux usées malgré un réseau collectif à faible profondeur. Le fait de remonter le bâtiment et les voiries attenantes a permis une optimisation des déblais remblais, limitant les impacts carbones sur l’évacuation des excédents.
  • Collecte et gestion des eaux pluviales en surface ; Compte-tenu de la présence d’une nappe à faible profondeur, la collecte des eaux par un réseau pluvial enterré n’était pas possible (le réseau aurait été implanté dans la nappe) ; La réponse technique apportée a été d’intégrer des collecteurs à la plus faible profondeur possible et sans pente :
    • Rejet des eaux de toitures et des eaux de ruissellement d’une partie des voiries dans des drains implantés en pied de clôture. 
Coupe de noue

 

 

 

Ce positionnement en pied de clôture permet de limiter les contraintes de recouvrement du drain.

    • Le revêtement de gravier permet d’assurer une collecte en surface des eaux de la voirie, limiter l’usage des regards avec grille avaloir, assurer une préfiltration des eaux de la chaussée.
    • La collecte des eaux des voies via des espaces verts en creux dès que cela était possible.
      L’intégration d’espaces végétalisés dans ce contexte très imperméabilisé va contribuer à améliorer l’ambiance thermique et réduire localement l’impact des surfaces chaudes. La convergence des eaux de ruissellement vers ces espaces permet de limiter le recourt à l’arrosage pour le développement des végétaux.
Illustration coupe de noue
Extrait du profil en travers au niveau du parking personnel

Exemple d’espace vert en creux utilisé pour la collecte et la rétention des eaux pluviales.

exemple de collecte des eaux par des espaces verts en creux
    • Ces collecteurs participent non seulement comme leur nom l’indique, à la collecte des eaux de pluies, mais également, à leur diffusion dans le sol.

 

Les excédents hydrauliques qui ne se sont pas infiltrés au sein des tranchées drainantes et espaces verts sont orientés vers l’espace sportif aménagé en creux (léger creusement du fond de cet espace (environ 30 cm par rapport au niveau du terrain naturel) et rehaussement du terrain au niveau de l’anneau de course qui l’entoure (environ 20 cm))

Photo d'une aire de jeux inondable
Exemple de terrain de jeux inondable utilisé pour la régulation des eaux pluviales

Le dimensionnement de cet espace de rétention a été établi sur la base d’une pluie de 50 L/m² (exigence réglementaire fixée par le règlement du PLU). Ainsi, la vocation de cet espace sportif est multiple ce qui permet non seulement d’optimiser le foncier, de réduire les coûts d’investissement, de garantir la pérennité et l’entretien de cet espace dans le temps :

  • Aire de sport et de jeu en période sèche
  • Pouvant se transformer en aire d’infiltration et de stockage temporaire d’eau lors de forts abats d’eau (lame d’eau maximale de 50 cm)
  • Espace vert et paysager en tout temps, avec évolution de l’aspect en fonction des saisons

En cas de dysfonctionnement hydraulique (pluies plus intenses que celles utilisées pour le dimensionnement), les excédents sont orientés vers les voies publiques présentes en contrebas sans que ces derniers ne constituent un quelconque risque pour les biens et les personnes (rejets excédentaires diffus et répartis).

D’autre part, afin de limiter la consommation d’eau potable, une cuve de récupération des eaux de toiture de 22 m3 est implantée entre la sortie de gouttière principale et l’espace sportif.

En conclusion

Ces principes de gestion des eaux sont de loin, les plus économes, fonctionnels, intégrés, et durables. Ils permettent non seulement de répondre à l’attente d’une gestion hydraulique demandée dans le cadre de la plupart des projets d’aménagement, mais présentent également de nombreuses répercussions sur d’autres thématiques telles que le cadre de vie, la biodiversité, le paysage… Ces réponses ne sont possibles que par une approche concertée du projet avec tous les membres de l’équipe. 

Elle nécessite de fait, de faire intervenir le bureau d’études en charge de la gestion des eaux pluviales dès les prémisses du projet, lors de l’établissement des esquisses afin de permettre une conception partagée du projet. Cette approche permet de valoriser l’architecture et le paysage, l’hydraulique et le VRD, l’économie de la construction … Ce travail de co-construction permet ainsi de mettre en valeur toutes les compétences qui gravitent autour d’un projet d’aménagement urbain.

exemple de gestion des eaux pluviales valorisant le cadre de vie
icône de collaboration dans l'esprit du développement durable

Article rédigé par Benoît. M
Chargé d’affaire Eau Environnement – OCE

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